top of page
lvb pharisees

ÉVANGILE DE NICODÈME

Dans les premiers temps de l'Église, les Actes de Pilate étaient d'une si grande autorité que St Justin, Tertullien, Eusèbe et bien d'autres écrivains ecclésiastiques s'appuyèrent sur le témoignage desdit Actes. Ce que ces divers auteurs rapportent comme se trouvant dans ces Actes se rencontre aussi dans la composition connue sous le nom d’Évangile de Nicodème. L'Écriture est divisé en deux parties distinctes: 

  1. L'histoire de la Passion: qui est une extension du récit compilé par les Évangélistes d'après les Actes de Pilate, s'étend jusqu'au seizième chapitre et donne le récit de la condamnation, de la passion, de la sépulture et de la résurrection de Jésus-Christ.

  2. La descente aux enfers: renferme le récit des fils de Siméon, Carinus et Leucius, ressuscités à la vie et racontant la descente de Jésus-Christ aux enfers et ce qui se passa entre les puissances de l'abîme, les patriarches et le Saint Sauveur.

Il existe, outre le latin, trois anciennes versions de la première partie d'une importance considérable, à savoir:

  • Copte, conservé dans un papyrus ancien à Turin, et dans quelques fragments à Paris. Dernière édition par Revillout dans Patrologia orientalis, ix. 2.

  • Syriac, édité par Rahmaui dans Studia Syriaca, II.

  • Arménien, édité par F. C. Conybeara dans Studia Biblica, IV (Oxford, 1896): 

Première Partie 

Condamnation, Passion, Sépulture et Résurrection

 

MÉMORIAUX DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST FAIT AU TEMPS DE PONCE PILATE

Prologue


Moi, Ananias, le Protecteur, de rang prétorien appris dans la loi, a fait par les écritures divines reconnaître notre Seigneur Jésus-Christ et s’est approché de lui dans la foi et a été considéré digne du saint baptême. J’ai cherché les mémoriaux qui furent écrits dans le temps de notre maître Jésus-Christ et que les Juifs ont déposés auprès de Ponce Pilate. J'ai retrouvé les mémoriaux en hébreu (lettres), et par le bon plaisir de Dieu je les ai traduits en grec (lettres) pour l’information de tous ceux qui invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Ceci, sous le règne de notre Seigneur Flavius Théodose, la dix-septième année, et de Flavius Valentinianus le sixième, dans le neuvième acte d’accusation. Vous tous donc qui lisez ceci et le traduisez (ou le copiez) dans d’autres livres, souvenez-vous de moi et priez pour moi que Dieu me fasse grâce et soit miséricordieux envers mes péchés que j’ai péché contre lui. Paix soit à ceux qui lisent et qui entendent ces choses et à leurs serviteurs. Amen.

Fin de la préface. 

Ceci arriva dans la quinzième (al. dix-neuvième) année du gouvernement de Tibère César, empereur des Romains, et d’Hérode, roi de Galilée, dans la dix-neuvième année de son règne, sur le huitième des calendes d’avril, qui est le 25 de Mars, dans le consulat de Rufus et Rubellio, la quatrième année de la deux cent et deuxième Olympiade, Joseph, qui est Caïphe et qui est souverain sacrificateur des Juifs. Après la croix et la passion du Seigneur Jésus-Christ, ce sont là les choses que Nicodème à rapportées et remises au souverain sacrificateur et au reste des Juifs; et ce même Nicodème les publia en hébreu.

 

CHAPITRE 1. CONVOCATION DE JÉSUS - INCIDENT DU MESSAGER ET DES ENSEIGNES

 

Les principaux sacrificateurs et les scribes, Anne, Caïphe, Somne (Sénès), Dothaïm (Dothael, Dathaes, Datam), Gamaliel, Judas, Lévi, Néthalim, Alexandre, Jaïre et le reste des Juifs, se réunirent en conseil, et vinrent auprès de Pilate, accusant Jésus de nombreuses actions, disant: "Nous savons que cet homme est le fils de Joseph, le menuisier, né de Marie, et qu’il dit qu’il est le Fils de Dieu et un roi; plus encore, il profane les sabbats et veut détruire la loi de nos pères"

 

Pilate leur dit: "Quelles sont les mauvaises actions qu'il commet qui risquent de détruire la loi?"

 

Les Juifs lui dirent (encore): "Nous avons une loi selon laquelle nous ne guérissons personne le jour du sabbat; mais cet homme, par ses mauvaises actions, guérit les boiteux et les courbés, les desséchés, les aveugles et les paralytiques, les muets et les possédés, le jour du sabbat!"

Pilate leur dit: "Par quelles mauvaises actions?"

Les Juifs dirent: "Il est un sorcier, et par Béelzébul, le prince des démons, il chasse les démons, et ils lui sont tous soumis."

Pilate leur dit: "Jamais un esprit impur ne jette dehors un démon mais on chasse le démon au nom du dieu Asclépios."

Les Juifs dirent à Pilate: "Nous prions ta Grandeur de le faire comparaître à ton tribunal pour que tu l'écoutes publiquement."

Pilate leur dit: "Dites-moi comment? Il n'est pas convenable à un gouverneur de convoquer en justice un roi."

Ils lui dirent: "Nous ne disons pas que c'est un roi, mais il le dit de lui-même."

Pilate, appelant un messager, lui dit: "Que Jésus soit amené ici et traité avec douceur."

Le messager sortit et lorsqu'il eut reconnu Jésus, il se prosterna devant lui et prit le mouchoir qui était sur sa main et le plaça à terre sous les pieds de Jésus et lui dit: "Seigneur, marche sur ce lieu et entre, car le gouverneur t'appelle."

Les Juifs, voyant ce qu'avait fait le messager,  ils poussèrent de grands cris vers Pilate en disant: "Pourquoi ne lui as-tu pas donné l'ordre d'entrer par la voix d'un héraut au lieu de lui envoyer un messager ? Car le messager, quand il l’a vu, s’est prosterné devant lui, a étendu son mouchoir par terre, et l’a fait marcher dessus comme un roi!"

Pilate, appelant à lui le messager, lui dit: "Pourquoi as-tu fait cela, et as-tu posé ton mouchoir sur le sol et fait marcher Jésus dessus?" 

Le messager dit: "Seigneur gouverneur, quand tu m'as envoyé à Jérusalem vers Alexandre, j'ai vu Jésus assis sur un âne, et les enfants des Hébreux tenaient des rameaux dans leurs mains et lui rendaient gloire, et d'autres étendaient leurs vêtements sous ses pieds, disant: — Sauve-nous, Ô toi qui es au plus haut des cieux; béni soit celui qui vient au nom du Seigneur."

Les Juifs crièrent contre le messager: "Ces enfants des Hébreux s'exprimaient en hébreu; comment, toi qui es grec, as-tu compris des paroles dites en hébreu?"

Le messager répondit: "J'ai interrogé un des Juifs et lui ai dit: — Qu'est-ce qu'ils crient en hébreu? Et il me l'a interprétée."

 

Pilate dit alors: "Que criaient-ils en hébreu?"

Et les Juifs répondirent: "Hosanna membrome barouchamma adonai."

 

Et Pilate dit: "Et le Hosanna et le reste, quelle en est la signification?"

 

Et les Juifs répondirent: "Sauve maintenant, toi qui es au plus haut des cieux; heureux celui qui vient au nom du Seigneur."

 

Et Pilate dit: "Si vous êtes vous-mêmes témoins des paroles qui ont été dites par ces enfants, en quoi le messager est-il donc coupable?"

Et les Juifs se turent.

 

Le gouverneur dit au messager: "Sors, et introduis-le de la manière que tu veux." 

Et lorsque le messager sorti, il répéta le même acte comme la premiere fois, et il dit à Jésus: "Mon Seigneur, entre, car le gouverneur t'appelle."

 

Et lorsque Jésus entra et que les porte-drapeaux tenaient les étendards, les enseignes de leurs étendards s'inclinèrent d'elles-mêmes et elles adorèrent Jésus. Les Juifs, voyant que les images s'étaient inclinées d'elles-mêmes pour adorer Jésus, crièrent fortement contre les porte-drapeaux qui les tenaient en disant qu'ils les avaient inclinés.

 

Alors Pilate dit aux Juifs: "Ne vous étonnez pas que les images se prosternent et révèrent Jésus."

Et les Juifs dirent: "Nous avons vu de quelle manière les porte-drapeaux ont incliné les enseignes jusqu'à leur faire adorer Jésus."

Le gouverneur, appelant à lui les porte-drapeaux, leur demanda: "Pourquoi avez-vous fait cela?"

Ils répondirent à Pilate: "Nous sommes des Païens et les serviteurs des temples ; comment aurions-nous voulu l'adorer ? En effet, tandis que nous tenions les enseignes, leurs faces antérieures se sont courbées d'elles-mêmes pour l'adorer."

Pilate dit aux chefs de la Synagogue et aux anciens du peuple: "Choisissez vous-mêmes des hommes forts et robustes et laissez-les tenir les étendards, et nous verrons si les enseignes s'inclineront d'elles-mêmes."

Les anciens des Juifs prirent douze hommes très robustes et les firent tenir les étendards par six, et ils furent placés devant le tribunal du gouverneur.

 

Pilate dit au messager: "Conduis Jésus hors du Prétoire, ensuite ramène-le à l'intérieur de la manière que tu veux."

Et Jésus sortit du Prétoire avec le messager. Et Pilate, s'adressant à ceux qui tenaient les étendards, leur dit: "Je jure par le salut de César que si les enseignes des étendards ne s’inclinent pas et ne l'adorent pas quand Jésus entrera je vous ferai couper la tête!"

 

Le gouverneur ordonna de faire entrer Jésus une seconde fois. Et le messager fit selon la première manière et pria Jésus de marcher sur son mouchoir; Jésus marcha dessus et entra. Et quand il fut entré, les enseignes se prosternèrent de nouveau  devant Jésus.

 

CHAPITRE II. INCIDENT DE LA FEMME DE PILATE - JÉSUS EST-IL UN SORCIER? EST-IL UN BÂTARD?

 

Pilate, voyant cela, eut peur, et il chercha à se lever de son siège du jugement. Tandis qu'il y songeait, sa femme, envoya lui dire: "Ne fais rien contre ce juste,  j'ai beaucoup souffert cette nuit en songe à cause de lui."

 

Pilate, entendant cela, dit à tous les Juifs: "Vous savez que ma femme craint Dieu et favorise plutôt les coutumes des Juifs avec vous?"

 

Ils lui dirent: "Oui, nous le savons."

Pilate leur dit: "Voici, ma femme m'a fait dire que Jésus était un homme juste, et qu'elle avait beaucoup souffert cette nuit à cause de lui."

Les Juifs répondirent à Pilate: "Est-ce que nous ne t'avions pas dit que c'était un enchanteur? Voici qu'il a envoyé un songe à ton épouse."

Pilate, appelant Jésus, lui dit: "N'entends-tu pas ce qu'ils disent contre toi et tu ne réponds rien?"

Jésus répondit: "S'ils n'avaient point le pouvoir de parler, ils ne parleraient point ; chacun est maître de sa propre bouche pour proférer le bien ou proférer le mal. Ceux-ci savent bien ce qu'ils font, ils verront"

Les prêtres des Juifs répondirent; ils dirent à Jésus: "Que verrons-nous? Premièrement, que tu as été enfanté dans la fornication; deuxièmement, que ta naissance a eu lieu à Bethléem et qu'à cause de toi les enfants ont été massacrés; troisièmement, que ton père Joseph et ta mère Marie se sont enfuis en Egypte parce qu'ils n'avaient pas confiance dans le peuple."

Alors quelques-uns des hommes pieux des Juifs qui étaient là, dirent: "Nous, nous ne disons pas qu'il est issu de la fornication, car nous savons que Joseph a épousé (a reçu la main de) Marie, et il n'est pas né de la fornication."

Pilate dit aux Juifs qui disaient que Jésus était issu de la fornication: "Ce discours est mensonger. Vos compatriotes le disent maintenant, (en attestant) qu'elle a été épousée par son mari."

Anne et Caïphe dirent à Pilate: "O Pilate! notre multitude entière crie qu'il est issue de la fornication et tu ne nous crois pas. Ceux-là sont des prosélytes et ses disciples."

Pilate appelant Anne et Caïphe leur demanda: "Qu'est-ce qu'un prosélyte?"

 

Ils répondirent: "C'est celui qui est né Grec et qui après est devenu juif dans ces jours."

Ceux-là qui avaient dit qu'il n'a pas été enfanté dans la fornication, c'est-à-dire Lazare, Asterius, Antonius, Jacob, Amnes, Zenas, Samuel, Isaac, Phinées, Crispus, Agrippa et Judas répondirent d'une seule voix en disant: "Nous ne sommes pas des Grecs, mais nous sommes des enfants des Juifs et nous disons la vérité; nous avons assisté aux noces de Marie."

Pilate, s'adressant aux douze hommes qui avaient ainsi parlé, leur dit: "Je vous adjure, par le salut de César, de déclarer si vous dites la vérité, et s'il n'est pas né de la fornication."

Ils dirent à Pilate: "Nous avons pour loi de ne point jurer, car c'est un péché; ordonne à ceux-ci de jurer par le salut de César que ce que nous disons est faux, et nous serons passibles de mort."

Pilate dit à Anne et à Caïphe: "Vous ne répondez pas aux paroles que ceux-ci profèrent?"

Anne et Caïphe dirent à Pilate: "Croirait-on à ces douze hommes qui disent qu'il n'est pas né de la fornication, tandis que l'on ne nous croirait pas à toute notre multitude qui disons qu'il est un enchanteur, et qu'il se dit Roi et Fils de Dieu?"

Pilate ordonna à tout le peuple de sortir, excepté les douze qui avaient rendu témoignage en disant que Jésus n'était pas né de la fornication, et Il ordonna de faire sortir Jésus et il leur demanda : "Pour quel motif les Juifs veulent-ils faire mourir Jésus?"

Et ils lui répondirent: "Ils lui en veulent parce qu'il opère des guérisons le jour du Sabbat."

Pilate dit: "Ils veulent donc le faire périr pour une bonne œuvre!"

 

Et ils répondirent: "Oui, Seigneur."

 

CHAPITRE III. ES-TU ROI?

 

Pilate, rempli de colère, sortit du Prétoire et dit aux Juifs: "Je prends le soleil à témoin que je ne trouve aucun reproche à cet homme." 

Les Juifs répondirent au gouverneur: "Si ce n'était pas un enchanteur, nous ne te l'aurions pas livré."

Pilate leur dit: "Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi."

Les Juifs dirent à Pilate: "Il ne nous est pas permis de faire périr qui que ce soit."

Pilate dit aux Juifs: "Dieu vous a-t-il interdit de tuer et m'en a t'il donné la permission?"

Rentré au Prétoire, Pilate prit Jésus à part et lui demanda: "Es-tu le Roi des Juifs?"

Et Jésus répondant à Pilate, dit: "Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?"

Pilate répondit à Jésus: "Suis-je Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t'ont livré à moi: qu'as-tu fait?"

Jésus répondit: "Mon royaume n'est pas de ce monde; car si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient lutté pour que je ne sois pas livré aux Juifs, mais mon royaume n'est pas ici."

Pilate dit: "Tu es donc Roi?"

Jésus répondit: "Tu dis que je suis roi; car c'est pour cela que je suis né et je suis venu, afin de rendre témoignage à la vérité et tous ceux qui prendront part à la vérité entendront ma voix."

Pilate dit: "Qu'est-ce que la vérité?"

Et Jésus répondit: "La vérité vient du Ciel."

 

Pilate dit: "Il n'y a donc pas de vérité sur la terre?"

Et Jésus dit à Pilate: "Vois comment ceux qui disent la vérité sur la terre sont jugés par ceux qui ont le pouvoir sur la terre."

 

CHAPITRE IV. ACCUSATION DE BLASPHÈME

 

Pilate, laissa Jésus à l'intérieur du prétoire, sortit et alla aux Juifs et leur dit: "Je ne trouve en lui aucune faute."

Les Juifs répondirent: "Il a dit: J'ai puissance de détruire ce temple et le relever en trois jours."

Pilate leur dit: "Quel temple?"

Les Juifs répondirent: "Celui que Salomon a bâti en quarante-six ans, mais que cet homme dit, il le détruira et le rebâtira en trois jours."

Et Pilate leur dit derechef: "Je suis innocent du sang de cet homme. A vous de voir."

Les Juifs dirent: "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants."

Pilate, appelant alors les anciens et les prêtres et les lévites, leur dit en secret: "N'agissez pas ainsi; malgré vos accusations, je n'ai rien trouvé en lui digne de mort, dans ce que vous lui reprochez au sujet des guérisons et des violations de la loi." 

Les prêtres, et les lévites et les anciens dirent à Pilate: "Quand quelqu'un blasphème contre César, est-il digne de mort ou non?"

Pilate dit: "Il est digne de mort."

Les juifs dirent à Pilate: "Si celui qui blasphème contre César est digne de mort,  cet homme a blasphémé contre Dieu."

Le gouverneur ordonna alors aux Juifs de sortir du Prétoire, et, appelant Jésus, il lui dit: "Qu'est-ce que je ferai à ton égard?" 

Jésus dit à Pilate: "Agis comme il t’a été donné." 

Pilate dit aux Juifs: "Comment m'a-t-il été donné?" 

Jésus répondit: "Moïse et les prophètes ont prédit cette Passion et ma Résurrection."

Les Juifs l'entendant dirent à Pilate: "Veux-tu écouter plus longtemps ses blasphèmes?"

 

Pilate dit aux Juifs: "Si cette parole est un blasphème, prenez-le vous-mêmes à votre synagogue et jugez-le suivant votre loi"

 

Les Juifs dirent à Pilate: "Notre loi dit: — Si un homme pèche contre un homme il est digne de recevoir 40 coups moins un, mais celui qui blasphème contre Dieu, qu'il soit lapidé."

Pilate leur dit: "Prenez-le et conduisez-le dans votre Synagogue, et jugez-le selon votre loi." 

Les Juifs dirent à Pilate: "Nous voulons qu'il soit crucifié."

Tandis que Pilate parlait avec les Juifs et leur disait: "Il ne mérite pas d'être crucifié."

 

Le gouverneur regarda autour de lui et il vit beaucoup de Juifs pleurer, et il dit: "Toute la multitude ne désire pas qu'il soit mis à mort." 

Les anciens dirent à Pilate: "Nous sommes venus avec toute la foule pour qu'il meure."

Et Pilate dit aux Juifs: "Pour quelle chose mourra-t-il?"

Et ils répondirent: "Parce qu'il a dit qu'il était Roi et le Fils de Dieu." 

 

CHAPITRE V. INTERVENTION ET DÉPOSITION DE NICODÈME

 

Or un des Juifs dont le nom était Nicodème vint se présenter devant le gouverneur et lui dit: "Je te prie, mon seigneur, de me permettre, dans ta miséricorde, de dire quelques paroles."

Et Pilate lui dit:  "Parle."

Et Nicodème dit: "J'ai dit aux anciens, aux prêtres, aux lévites et à toute la multitude des Juifs dans la synagogue: Pourquoi vous battez-vous contre cet homme ? Il a accompli des miracles et des prodiges, tels que personne n'en a fait ni n'en fera. Laissez-le tranquille et ne lui faites aucun mal. Si ces miracles sont de Dieu, ils subsisteront; s'ils sont des hommes, ils seront vains. Car en vérité, Moïse que Dieu a envoyé en Egypte a accompli de grands miracles, Dieu lui avait commandé de les faire devant Pharaon, roi d'Égypte. Il y avait là deux serviteurs de Pharaon, Jannès et Jambrès qui firent aussi des miracles comme Moïse, excepté quelques-uns seulement qu'ils ne purent faire, et les Égyptiens les considéraient comme des dieux. Mais, comme les miracles qu'ils avaient opérés ne provenaient pas de Dieu, ils périrent ainsi que ceux qui avaient cru en eux. Et maintenant, renvoyez cet homme, car il ne mérite point la mort."

Les Juifs dirent à Nicodème: "Toi, tu es devenu son disciple, et tu élèves la voix pour lui."

 

Nicodème leur dit: "Est-ce que le gouverneur qui parle aussi en sa faveur est son disciple? Est-ce que César ne l’a pas élevé en dignité pour rendre justice."

 

Les Juifs frémissaient de colère et ils grinçaient des dents contre Nicodème.

 

Et lorsque Pilate les vit, il leur dit: "Pourquoi grincez-vous des dents? Est-ce parce que vous avez entendu la vérité?"

 

Et ils lui dirent: "Accueille sa vérité et que ta part soit avec lui." 

 

Et Nicodème dit:  "Amen; que j'aie part avec lui, comme que vous le dites."

 

CHAPITRE VI. TÉMOIGNAGES EN FAVEUR DE JÉSUS - LE PARALYTIQUE, L'AVEUGLE, LE BOSSU, LE LÉPREUX.

 

Un autre des Juifs prit son élan vers Pilate, il dit: "Je te prie de me permettre un mot."

 

Et Pilate dit:  "Ce que tu veux dire, dis-le." 

Et ce Juif parla ainsi:  "Moi, j'ai passé trente-huit ans , couché sur un lit et constamment en proie à de grandes douleurs, et à la venue de Jésus bon nombre de possédés et de gens affectés de diverses maladies ont été guéris par lui. Et quelques-uns des jeunes gens eurent pitié de moi et me transportèrent avec mon lit jusqu’à lui. Jésus me voyant fut touché de compassion, et il me dit une parole: Lève-toi, prends ton lit et marche. Et aussitôt je fus complètement guéri ; je pris mon lit et je marchai."

Les Juifs dirent à Pilate: "Demande-lui quel jour il fut guéri ."

Pilate dit à celui qui était délivré de sa maladie: "Dis en vérité quel est le jour où il t'a guéri."

 

Et il répondit: "Le jour du Sabbat."

Et les Juifs dirent: "Ne disions-nous pas qu'il guérissait les malades et qu'il chassait les démons le jour du Sabbat?"

Et un autre Juif s'avança et dit: "Je suis né aveugle: j'entendais parler , mais je n'avais jamais vu le visage d'un homme; et comme Jésus passait, j'ai crié d'une voix forte: Aie pitié de moi, fils de David. Et il a eu pitié de moi et il posa ses mains sur mes yeux et aussitôt je recouvrait la vue."

Et un autre s'avança et dit:   "J'étais bossu et il m'a redressé par une seule  parole de sa bouche."

Et un autre s'avança aussi et dit: "J'étais lépreux et il m'a purifié d'un mot."

 

CHAPITRE VII. TÉMOIGNAGE D'UNE FEMME - PROTESTATION DES JUIFS

 

Et une femme nommée Véronique se tint debout au loin et dit: "Depuis douze ans j'étais affligée d'un flux de sang, et je touchai le bord de son vêtement et aussitôt mon flux de sang s'arrêta."

Les Juifs dirent: "D'après notre loi, une femme ne peut venir déposer un témoignage ou proférer une parole."

 

CHAPITRE VIII. CRIS DE CLAMEURS: JÉSUS PROPHÈTE OU DIEU

 

Et quelques autres de la foule des Juifs, hommes et femmes, se mirent à crier: "Cet homme est un prophète ou c'est un Dieu. Les démons lui sont assujettis!"

Pilate leur dit: "Les démons lui sont soumis. Pourquoi vos enseignants ne lui sont-ils pas aussi soumis?

 

Et ils répondirent: "Nous ne savons pas."

D'autres dirent à Pilate: "Il a ressuscité Lazare, qui était mort, et il l’a fait sortir du sépulcre."

Le gouverneur, entendant cela, fut effrayé et il dit aux Juifs: "Que nous servira-t-il de répandre le sang innocent ?"

CHAPITRE IX. PILATE OFFRE LE CHOIX ENTRE JÉSUS ET BARABBAS - PILATE SE LAVE LES MAINS ET CONDAMNE JÉSUS

 

Et Pilate, appelant de nouveau Nicodème et les douze hommes qui avaient dit que Jésus n'avait pas été engendré dans l'impudicité de la fornication, leur parla ainsi: "Que ferai-je, car une sédition éclate parmi le peuple?"

 

Et ils répondirent: "Nous ne savons; qu'ils voient eux-mêmes."

Et Pilate, convoqua encore toute la multitude des Juifs, et leur dit: "Vous savez que vous avez coutume qu'à la fête des pains sans levain, on vous remets un prisonnier. Maintenant, j'ai en prison un  meurtrier, dont le nom est Barrabas ; et ce Jésus aussi qui se tient devant vous, en qui je ne trouve aucune faute:  Lequel voulez-vous que je vous remette?"

Tous répondirent en criant: "Remets-nous Barabbas!"

Pilate dit: "Que ferai-je donc de Jésus, qui est surnommé le Christ?"

Ils dirent tous: "Crucifie-le!"

D'autres, parmi les Juifs, dirent: "Tu n'es pas l'ami de César si tu remets en liberté celui qui se dit Roi et Fils de Dieu; et tu veux peut-être que ce soit lui qui soit Roi au lieu de César." 

Pilate furieux, dit aux Juifs: "Vous avez toujours été une race séditieuse. Celui qui vous fait du bien, vous vous rebellez contre lui."

Et les Juifs dirent: "Qui nous a fait du bien?"

Et Pilate répondit: "A ce que j'ai entendu, votre Dieu, vous a fait sortir d'Égypte d'une dure servitude, et vous a conduit en sécurité à travers la mer comme sur la terre ferme. Il vous a nourri dans le désert de manne et de la chair des cailles, il a fait sortir de l'eau d'un rocher pour vous désaltérer, et vous a donné la loi mais malgré tant de faveurs, vous n'avez cessé de vous révolter contre votre Dieu, et il a voulu vous faire périr. Mais Moïse a prié pour vous, afin que vous ne périssiez pas. Et maintenant vous m'accusez de haïr le roi (l'empereur)."

Et se levant de son tribunal, il voulut sortir. Mais tous les Juifs crièrent: "Nous connaissons le Roi et nous connaissons César; mais Jésus, nous ne le connaissons pas. Certes, les mages lui ont offert des présents comme à un Roi. Mais lorsque Hérode, apprit des mages qu'un Roi était né, il voulut le faire périr. Son père, Joseph, l'ayant su, le prit ainsi que sa mère, et ils s'enfuirent en Egypte. Et Hérode fit mourir les enfants des Juifs qui étaient nés à Bethléem." 

Pilate, entendant ces paroles, fut effrayé ; il imposa silence à la multitude qui poussait des cris et il leur dit: "Alors, c'est donc lui ici présent que Hérode cherchait?" 

 

Ils répondirent: "Oui, c'est lui."

Et Pilate, prenant de l'eau, lava ses mains devant le peuple en disant: "Je suis innocent du sang de cet homme juste ; songez à ce que vous faites."

Et les Juifs répondirent: "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants!"

Alors Pilate ordonna de tirer le voile du tribunal et d'amener Jésus devant le tribunal sur lequel il siégeait, et il poursuivit en ces termes, en rendant sentence contre Jésus: "Sentence de Pilate sur Jésus. Ta nation t'a reniée pour Roi. C'est pourquoi j'ai décrété que tu seras d'abord flagellé selon la loi des empereurs pieux, et ensuite crucifié dans le jardin où l'on t'a saisi, et que Démas et Cestas, les deux malfaiteurs soient crucifiés avec toi."

 

 

CHAPITRE X. LE CRUCIFIEMENT

 

Et Jésus sortit du Prétoire avec les deux voleurs. Et lorsqu'il fut arrivé à l'endroit qui s'appelle Golgotha, les soldats le dépouillèrent de ses vêtements, le ceignirent d'un drap de lin et lui passèrent une couronne d'épines sur la tête. Pareillement, les deux malfaiteurs furent crucifiés: Démas à sa droite et Cestas à sa gauche.

 

Et Jésus dit: "Mon père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font."

Les soldats se divisèrent ses vêtements entre eux et le peuple se tint debout à regarder. les principaux sacrificateurs et les chefs avec eux se moquaient de lui en disant: "Il a sauvé les autres, qu'il se sauve lui-même ; s'il est le fils de Dieu, qu'il descende de la croix." 

Les soldats aussi se moquaient de lui et il lui offraient pour boisson du vinaigre avec du fiel, en disant: "Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi toi-même"

Pilate ordonna que l'on inscrivit son accusation en lettres hébraïques grecques et romaine, comme un titre sur un écriteau, selon l'accusation des Juifs: "Celui-ci est le Roi des Juifs." 

Un des larrons qui étaient crucifiés, nommé Cestas, lui dit: "Si tu es le Christ, délivre-toi ainsi que nous."

Démas lui répondant, le réprimanda, disant: "N'as-tu point crainte de Dieu, voyant que tu es dans la même condamnation? Nous recevons le juste châtiment du mal que nous avons commis, mais lui, il n'a rien fait de mal." 

Et lorsqu'il eut repris son compagnon, il dit à Jésus: "Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume."

Et Jésus lui répondit: "En vérité, je te le dis aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis."

 

CHAPITRE XI. LA MORT DU CHRIST ET L'ENSEVELISSEMENT DE JÉSUS PAR LES SOINS DE JOSEPH D'ARIMATHIE

 

C'était vers la sixième heure du jour, et des ténèbres se répandirent sur toute la terre jusqu'à la neuvième heure. Le soleil s'obscurcissant, voici que le voile du Temple se fendit du haut en bas en deux parties.

Jésus s'écria à haute voix: "Père, baddach ephkid rouel" qui est interprété "Mon père, je remets mon âme entre tes mains." Et disant cela, il rendit l'esprit. 

Le centurion voyant ce qui s'était passé, rendit gloire à Dieu, disant: "Cet homme était juste." 

Et tous ceux qui étaient venus pour voir ce qui arriverait furent troublés de ce qu'ils avaient vu, et s'en retournèrent en frappant leurs poitrines. Le centurion rapporta au gouverneur ce qui s'était passé. Lorsque le gouverneur et sa femme apprirent cela, ils furent saisi d'une extrême affliction, et ils ne mangèrent ni ne burent ce jour-là à cause de leur grand chagrin.

Enfin Pilate convoquant les Juifs, leur dit: "Avez-vous vu ce qui s'est passé?"

Eux, ils répondirent: "Il y a eu une éclipse de soleil, le genre habituel."

Quant à tous ceux qui étaient attachés à Jésus, ils se tenaient au loin, ainsi que les femmes qui l'avaient suivi de Galilée. Et voici qu'un homme nommé Joseph de la ville d'Arimathée, qui lui aussi cherchait le royaume de Dieu, vint trouver Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Et l’ôtant de la croix, il l'enveloppa d'un linceul blanc immaculé, et il le déposa dans un tombeau tout neuf qu'il avait fait construire pour lui-même, et où nul n'avait encore été enseveli. 

CHAPITRE XII. AFFAIRES INTENTÉES PAR LES JUIFS CONTRE NICODÈME ET JOSEPH - ARRESTATION ET DÉLIVRANCE DE JOSEPH

Les Juifs, apprenant que Joseph avait pris le corps de Jésus, ils le cherchèrent lui et les douze hommes qui avaient déclaré que Jésus n'était pas né de la fornication, ainsi que Nicodème et les autres qui avaient paru devant Pilate, et qui avaient rendu témoignage des bonnes œuvres de Jésus, pour les tuer. Tous se cachant, Nicodème seul ne se cacha pas, car il était chefs des Juifs, et il leur demanda: "Comment êtes-vous entrés dans la Synagogue?" 

Et ils lui répondirent: "Et toi,comment es-tu entré dans la synagogue? Parce que tu participes avec lui, ta part sera avec lui dans les siècles à venir." 

Et Nicodème répondit: "Amen, Amen, Amen." 

Joseph se montra également, et leur dit: "Pourquoi êtes-vous irrités contre moi de ce que j'ai demandé à Pilate le corps de Jésus? Voici que je l'ai déposé dans mon propre tombeau, et je l'ai enveloppé d'un linceul blanc immaculé, et j'ai roulé une grande pierre à l'entrée de la caverne. Vous avez mal agi contre le juste, et vous ne vous êtes pas repentis de l'avoir crucifié et percé à coups de lance."

Les Juifs, entendant cela, se mirent en colère et se saisirent de Joseph. Ils ordonnèrent qu'il fût retenu jusqu'au premier jour de la semaine. Et ils lui dirent: "En ce moment, nous ne pouvons rien faire contre toi, parce que c'est le sabbat demain. Mais sache bien que nous savons que tu n'es pas digne de sépulture, et que nous abandonnerons ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages de la terre." 

Joseph répondit: "Cette parole est semblable à celle de Goliath, le vantard, qui fit des reproches au Dieu vivant et au saint David. Toutefois je ne crains pas, car Dieu a dit par le prophète: à moi la vengeance, et à moi la rétribution. Et maintenant, voici, celui qui était incirconcis, mais circoncis de cœur, a pris de l'eau et s'est lavé les mains devant le soleil, en disant: Je suis innocent du sang de cette personne juste. Et vous avez répondu: "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants". Et maintenant je crains que la colère de Dieu ne s'appesantisse sur vous et sur vos enfants, comme vous l'avez dit."

Les Juifs, entendant Joseph parler ainsi, furent outrés de rage, et se saisissant de lui, ils le firent enfermer dans un cachot ténébreux où il n'y avait ni lumière ni fenêtre. Anne et Caïphe placèrent des gardes à la porte et scellèrent la porte. Le lendemain matin, jour du sabbat, les chefs de la synagogue, les prêtres et les lévites ordonnèrent que tous les hommes viennent dans la synagogue le premier jour de la semaine. Toute la multitude se leva tôt et ils tinrent conseil dans la synagogue sur quel genre de mort ils infligeraient à Joseph. Et lorsque le sanhédrin tint séance (fut assis), ils ordonnèrent de l'amener avec un grand déshonneur. Mais quand ils ouvrirent la porte, ils ne trouvèrent pas Joseph dans le cachot où ils l’avaient enfermé. Et toute l'assemblée fut frappée de stupeur, car on avait trouvé la porte fermée et scellée de leur sceau et les clefs étaient dans la main de Caïphe. Ils se retirèrent et cessèrent d'essayer de mettre la main sur ceux qui avaient bien parlé de Jésus devant Pilate.

 

CHAPITRE XIII. LE RAPPORT FAIT PAR LES GARDES AUX JUIFS SUR LA RÉSURRECTION DU CHRIST

Alors que tout ceux qui se trouvaient encore dans la synagogue étaient remplis de stupéfaction et s'émerveillaient à cause de Joseph, quelques-uns des gardes que les Juifs avaient demandés à Pilate de veiller sur le tombeau de Jésus, de peur que ses disciples ne vinssent et ne le prissent subrepticement, vinrent à eux et avertirent les dirigeants de la synagogue, les grands prêtres, et les lévites de ce qui s'était passé au sujet du tremblement de terre, qui eut lieu pendant qu'ils veillaient: "Tandis que nous veillions sur le tombeau de Jésus, la terre a tremblé et nous avons vu l'Ange du Seigneur descendre du ciel et rouler la pierre qui était devant la porte du sépulcre, puis il s'est assis sur la pierre. Et il brillait comme la neige et comme la foudre, et nous sommes restés comme morts de frayeur. Et nous avons entendu l'Ange dire aux femmes qui étaient venues devant le tombeau de Jésus: — Ne craignez point, je sais que vous cherchez Jésus qu'on a crucifié ; il est ressuscité, comme il l'a dit. Venez, et voyez l'endroit où il avait été placé. Allez et dites à ses disciples qu'il est ressuscité d'entre les morts, et qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. —Voici que nous vous avons rapporté ce que nous avons vu"

Et les Juifs convoquant tous les gardes qui avaient été préposés à la garde du tombeau de Jésus, leur dirent: "Quelles sont ces femmes auxquelles l'Ange a parlé?"

 

Les gardes répondirent: "Nous ne savons  pas qui étaient ces femmes."

 

Les Juifs dirent: "Quel moment était-ce?"

Les gardes répondirent: "à minuit" 

 

Les Juifs demandèrent: "Pourquoi ne vous êtes-vous pas saisis d'elles?" 

Les gardes dirent: "Nous étions morts de peur car l'Ange nous inspirait la crainte.  Nous n'avons pas pensé à voir la lumière du jour. Comment aurions-nous pu nous saisir de ces femmes?"

Les Juifs dirent: "Comme le Seigneur vit, nous ne vous croyons point." 

Les gardes répondirent aux Juifs: "Vous avez vu Jésus qui faisait tant de miracles et vous n'y avez pas cru, comment vous nous croiriez? En vérité, vous avez juré à juste titre en disant comme le Seigneur vit, car il vit vraiment. Nous avons aussi entendu une autre chose prodigieuse. Celui que vous avez emprisonné dans un cachot, dont vous avez scellé la porte, et lorsque vous êtes venus pour le chercher, vous ne l'avez plus trouvé. Remettez-nous Joseph que vous avez enfermé, et nous vous remettrons Jésus que nous gardions dans le sépulcre."

Les Juifs répondirent: "Donnez-nous Jésus d'abord et ensuite nous vous donnerons Joseph; car Joseph est retourné dans sa propre ville en Arimathie."

Les gardes dirent: "Jésus aussi est allé en Galilée, comme nous avons entendu le dire l'ange qui roulait la pierre devant le sépulcre. Il disait: "Il vous précédera en Galilée."

Les Juifs entendant cela, eurent peur que cela soit divulgué et que tous crussent en Jésus. Ils tinrent donc conseil ensemble. Et réunissant une grosse somme d'argent, ils la donnèrent aux soldats, en disant: "Dites que pendant que vous dormiez, les disciples de Jésus sont venus durant la nuit, et qu'ils ont furtivement pris son corps. Et si le gouverneur Pilate apprend cela, nous l'apaiserons à votre égard, et vous ne serez point inquiétés." 

 

Alors les soldats prenant l'argent, dirent ce que les Juifs leur avaient recommandé.

 

CHAPITRE XIV. TÉMOIGNAGE RENDU AUX JUIFS PAR PHINÉES ET SES COMPAGNONS SUR LA RÉSURRECTION DU CHRIST

 

Maintenant un certain prêtre nommé Phinées, Addas le scribe et Aggée le lévite vinrent tous trois à Jérusalem de Galilée et ils dirent aux dirigeants de la synagogue, aux prêtres et aux Lévites: